La santé du Scottish/British

Voici la liste des pathologies que je teste systématiquement sur mes reproducteurs

 

 

Maladies génétiques

 

 

 

- La HCM (Hypertrophic Cardio-Myopathy) est une maladie qui touche les chats sans pédigrée ainsi que les chats de nombreuses races. La HCM féline est une maladie de l’adulte et du jeune adulte. La majorité des chats est asymptomatique jusqu’au développement d’une insuffisance cardiaque congestive aiguë (arythmies, œdème pulmonaire, épanchement pleural, thrombose artérielle associée). La HCM peut être découverte fortuitement lors d’un examen clinique de routine, par l’audition d’un souffle cardiaque ou d’un bruit de galop. Dans certains cas, léthargie et anorexie ou difficultés respiratoires (dyspnée, toux) sont les seuls symptômes. Enfin, certains chats atteints de HCM sont sujets à des pertes de connaissance (syncopes) ou meurent brutalement en l’absence d’autres signes cliniques. En effet, elle est souvent muette cliniquement et peut se traduire par une paralysie ou une mort subite par thromboembolie. L’origine de la maladie peut être congénitale, héréditaire ou bien acquise (une conséquence d’une autre maladie par exemple).

 

Il n’existe pas de test ADN pour la HCM chez le Scottish et le British, c’est pourquoi il faut les faire suivre régulièrement par échocardiographie.

- La PKD (polykystose rénale) est une maladie qui touche plusieurs races de chats dont le Persan et l’Exotic Shorthair, le British (Shorthair et Longhair), le Burmilla, le Selkirk (Rex et Straight), le Scottish et le Highland (Fold et Straight).

Il s’agit d’une maladie rénale qui se traduit par l’envahissement progressif du rein des chats atteints par des kystes remplis de liquide. Le nombre et la taille de ces kystes augmentent avec l’âge du chat et lorsque le tissu rénal n’est plus suffisamment présent pour assurer les fonctions d’épuration, il se développe une insuffisance rénale chronique incurable.

Cette maladie se traduit par des symptômes variés dont : dépression, perte d’appétit, léthargie, vomissements, polydipsie (augmentation de la prise de boisson), polyurie (augmentation du volume des urines), perte de poids. Le rythme de croissance et de multiplication des kystes est variable d’un chat à un autre. Aussi la date d’apparition des symptômes d’insuffisance rénale peut être très variable, allant en moyenne de 2 à 10 ans.

Il n’existe pas de traitement spécifique de la PKD.

La PKD est une maladie héréditaire chez le persan et chez plusieurs races apparentées au persan. Son mode de transmission est autosomique dominant (AD-PKD). Un chat malade possède une copie du gène muté et le transmet, en moyenne, à 50 % de ses chatons. Il n’existe pas de chat ayant deux copies du gène muté, cette condition n’étant pas viable. Ainsi tout chat atteint de PKD a l’un de ses parents, au moins, atteint de PKD.

 

La proportion de chats atteints dans les portées varie en fonction du statut des reproducteurs :

> Un chat indemne croisé avec un chat indemne donnera 100 % de chatons indemnes qui ne transmettront pas la maladie

> Un chat atteint croisé avec un chat indemne donnera 50 % de chatons indemnes et 50 % de chatons malades

> Un chat atteint croisé avec un chat atteint donnera 33 % de chatons indemnes et 67 % de chatons malades (ces proportions sont dues au fait que les chatons homozygotes mutés ne sont pas viables).

 

La PKD peut être dépistée par le vétérinaire de deux façons différentes :

> Tout d’abord, la réalisation d’une échographie des reins, permet de voir si des kystes sont présents dans les reins. Cette échographie est fiable. Une étude a montré que les chats atteints développaient des kystes visibles en échographie à 10 mois dans 95 % des cas. A un an ce pourcentage augmente encore.

> Mais surtout, la découverte du gène et de la mutation (appelée PKD1) responsable de la PKD chez le Persan permet d’effectuer un test ADN chez le Persan et les races qui lui sont directement apparentées (voir plus haut). Ce test consiste à rechercher directement la présence de la mutation chez le chat.

 

Les résultats du test peuvent être interprétés de la façon suivante :

> Chat homozygote normal pour la mutation PKD1 (noté N/N, aussi appelé non porteur ou indemne) : le chat ne développera pas la maladie et ne la transmettra pas à sa descendance

> Chat hétérozygote pour la mutation PKD1 (noté N/PKD1, aussi appelé porteur ou atteint) : le chat développera la maladie et transmettra la mutation à 50 % de sa descendance en moyenne.

 

En conséquence, il est recommandé de faire tester génétiquement, pour la mutation PKD1, tous les chats devant être mis à la reproduction et appartenant aux races suivantes : Persan et Exotic Shorthair - British (Shorthair et Longhair) - Burmilla - Selkirk Rex et Straight (Shorthair et Longhair) - Scottish et Highland (Fold et Straight).

 

 

- L'ostéochondrodysplasie : le gène causant la pliure des oreilles du Scottish Fold peut conduire au développement d'une maladie des os et du cartilage appelée ostéochondrodysplasie (puisque la mutation génétique cause la déformation du cartilage des oreilles, il peut affecter aussi le cartilage des articulations).

L'ostéochondrodysplasie peut toucher les Scottish Fold dès leurs premières semaines et mène à une arthrose invalidante.

 

Les chats affectés peuvent être énormément déformés :

 

> membres trop courts ou trop larges

> queue raide

> boiteries

articulations du carpe et du tarse enflées

> démarche anormale

> incapacité de bouger et de sauter

Pour les sujets sévèrement affectés, la maladie aboutit à une paralysie irréversible.

Les propriétaires de Scottish Fold doivent manipuler fréquemment leur chat afin de vérifier toutes présence de raideurs ou de signes de douleur, surtout au niveau de la queue. Le cas échéant, il faut amener l'animal immédiatement chez le vétérinaire pour le faire examiner.

Afin de limiter au maximum le risque d’ostéochondrodysplasie, il faut :

 

> Ne pas marier deux Scottish Fold ensemble (on peut marier un Scottish Fold à un Scottish Straight, un British ou un American)

> S’assurer que les reproducteurs Fold ne portent qu’une seule copie de la mutation (N/TRPV4) et que les Straight n’en porte aucune (N/N)

> Vérifier que les Fold utilisés pour la reproduction ont la queue longue et souple, les pattes mobiles, ils ne doivent pas avoir de gêne lors de la manipulation. Tout chat présentant des raideurs dans la queue ou dans les articulations doit être écarté de la reproduction.

Maladies infectieuses

 

 

 

- Le FCV (Calicivirus Félin) est un petit virus non enveloppé extrêmement répandu à l’échelle mondiale dans toutes les populations de chats. Il est en constante mutation et très variable ce qui lui permet notamment de continuer à prospérer malgré la pression immunitaire populationnelle et individuelle. Il existe en effet d’innombrables souches circulantes distinctes de FCV différant par leur virulence et l’immunité qu’elles induisent. Cette hétérogénéité est notamment à l’origine d’une palette étendue de manifestations cliniques (de l’infection asymptomatique aux formes graves) et d’une protection vaccinale faillible. Le FCV est résistant dans le milieu extérieur (jusqu’à 4 semaines), les chats peuvent donc se contaminer par l’intermédiaire d’un support animé (mains) ou inerte (équipement ou matériel) sans avoir été en contact avec un chat contagieux.

 

L’infection par le FCV se manifeste habituellement par une inflammation aiguë et bénigne des muqueuses de la bouche et du nez caractérisée par la présence d’érosions ou d’ulcères notamment visibles sur la langue. Le FCV peut occasionnellement être à l’origine d’une inflammation douloureuse mais transitoire et sans séquelle des articulations à l’origine de boiteries.

Depuis le début de ce siècle, des cas d’infection grave par des souches hautement pathogènes de FCV ont été rapportés aux USA puis en Europe. Cette nouvelle forme clinique de l’infection par le FCV est préoccupante et doit faire l’objet d’une attention particulière. Par ailleurs, le portage chronique du FCV est mis en cause dans certaines stomatites chroniques qui posent également des difficultés et méritent qu’on s’y attarde.

 

 

 

- Le FIV (Syndrome de l’immunodéficience féline) est un virus qui, comme le VIH chez les humains cause un syndrome d’immunodéficience et présente la particularité d’avoir une longue période de latence . Il n’est pas transmissible entre chat et humain.

 

Il se transmet de chat à chat principalement par morsure, et  contact sexuel bien que cela soit aussi possible in utero. C’est ainsi que la majorité des chats atteints par le FIV sont des chats mâles non stérilisés ayant accès à l’extérieur, car ils ont tendance à davantage se battre et ont des rapports sexuels.

Sa prévalence a diminué ces dernières années, en raison de l’information des propriétaires, et d’un dépistage fréquent .

C’est un virus qui touche davantage les adultes.

Après une première phase clinique qui passe souvent inaperçue (fièvre, apathie), l’animal peut rester  asymptomatique plusieurs années.

Quand la phase clinique, les symptômes se déclarent, le chat présente souvent des affections opportunistes, des tumeurs, et des réactions dysimmunitaires (dysfonction du système immunitaire).


Les symptômes peuvent être très variés. Les chats présentent souvent une perte de poids, une gingivite ou une stomatite (inflammation de la bouche), et des abcès. De la fièvre, des affections respiratoire ou digestives, une augmentation des noeuds lymphatiques, une uvéite, un lymphome, ou de troubles neurologiques sont également possibles …

 

 

 

- La FeLV (Leucose féline) est une grave maladie infectieuse du chat, due à un rétrovirus de distribution mondiale et potentiellement grave.

D’autres félidés sauvages (Tigre, Lion, Lynx) peuvent aussi être infectés par le virus.

 Le virus de la leucose est transmis entre chats par contact direct via la salive, lors de morsures, léchages ou partage de gamelles. Les autres voies de transmission possibles sont la lactation, la voie transplacentaire et les transfusions sanguines.

Après exposition du chat aux sécrétions contenant le virus, celui-ci atteint les tissus lymphoïdes locorégionaux, puis se répand dans l’organisme. Il atteint parfois la moelle osseuse. Quand le virus envahit les glandes salivaires, il est excrété en grande quantité par la salive.

 

Après infection par le virus, plusieurs phases d’évolution possibles :

 

> Infection abortive : la réponse immunitaire du chat est très puissante et permet l’élimination du virus sans virémie. Le virus n’est détectable par aucune technique.

> Infection focale ou atypique : la réponse immunitaire est variable et l’infection persiste dans quelques tissus, en dehors du sang et de la moelle osseuse. Tous les tests ne permettent pas d’identifier l’infection (RT-PCR sur sang ou moelle osseuse négative, tests antigéniques négatifs ou transitoirement positifs, PCR provirale dans le tissu infecté positive).

> Infection régressive : après infection et virémie, le système immunitaire du chat inhibe la multiplication virale. L’infection reste latente pendant une longue durée. Elle peut être réactivée en cas d’immunosuppression, évoluant alors vers une infection progressive. Pendant la phase régressive, tous les tests antigéniques et la RT-PCR sont négatifs. La PCR provirale peut en revanche être faiblement positive.

> Infection progressive : la réponse immunitaire est faible et le virus atteint la moelle osseuse. La virémie persiste et la maladie progresse vers un état d’immunosuppression. Tous les tests antigéniques et PCRs sont positifs. C’est la phase d’expression clinique et biologique de la maladie associée au FeLV.

 

Quand un état d’immunosuppression est présent, plusieurs maladies peuvent s’exprimer :

 

> Processus tumoraux : lymphome, leucémie ou fibrosarcome.

> Infections opportunistes.

> Aplasie de la lignée érythroïde.

> Anémies sous diverses formes (aplasie médullaire, myélodysplasie ou myélofibrose).

> Maladies à médiation immunitaire (anémie hémolytique à médiation immune (ou AHMI), thrombopénie, glomérulonéphrite, polyarthrite, uvéite).

> Maladies du système nerveux (anisocorie, incontinence urinaire, …)

> Maladies du système reproducteur (avortement).

> Maladies gastro-intestinales (rares).

> Etc...

 

Les signes cliniques de la leucose féline dépendent de la phase d’infection. Le chat peut être asymptomatique (phase régressive) ou symptomatique (phase progressive). Les signes cliniques reflètent alors une atteinte de plusieurs organes :

> Signes généraux: fièvre, abattement, déshydratation, adénomégalie, perte de poids, état de choc.

> Signes cardio-vasculaires (en cas d’anémie) : muqueuses pâles, tachycardie, souffle cardiaque.

> Signes respiratoires : tachypnée, détresse respiratoire (épanchement pleural).

> Troubles de la reproduction : avortement, infertilité, mort des chatons dans les 2 premiers semaines.

> Signes nerveux centraux : anisocorie, syndrome de Claude-Bernard-Horner, myélopathie.

> Signes oculaires: uvéite, mydriase.

> Signes digestifs : stomatite, anorexie, vomissements, perte de poids, diarrhée aiguë ou chronique, ictère.